1965 : la loi sud-coréenne tranche net, interdisant la distillation du soju à partir de riz. Patates douces, blé, mélasse, le quotidien du soju bascule, l’histoire s’écrit autrement. Aujourd’hui, entre exportations massives et recettes fruitées, les grandes marques de l’alcool coréen ciblent une jeunesse urbaine qui redéfinit les codes, de Séoul à Paris. À l’autre bout du spectre, ‘midori’ dérive : tour à tour liqueur japonaise au melon, prénom d’animé ou signature commerciale clinquante. La frontière se brouille, et la culture s’entremêle, au carrefour de deux puissantes traditions asiatiques.
Soju : un symbole incontournable de la culture coréenne à travers les siècles
Le soju n’est pas qu’un simple spiritueux : il représente un pilier de la culture coréenne, témoin d’une histoire longue et mouvementée depuis le XIIIe siècle. Hérité de techniques de distillation venues du monde arabe, le soju s’est ensuite moulé aux ressources de la péninsule. Jadis issu du riz, il doit composer dès les années 1960 avec une politique stricte : priorité à l’alimentation, le riz disparaît de l’équation. Qu’importe, le soju trouve de nouveaux ingrédients, mais refuse de se retirer des grandes tablées et des moments qui comptent en Corée.
Avec un degré d’alcool oscillant autour de 16 à 25 %, il se distingue par sa relative douceur, loin de la chaleur brûlante d’une vodka ou d’un whisky. Un petit verre de soju circule à tous les niveaux de la société : diner en famille, soirée entre amis, repas d’affaires, fêtes, tout y passe. Ce n’est pas qu’une boisson, c’est un liant social. Il s’invite en cuisine, accompagne tradition et modernité, se mêle parfois à la bière et donne naissance au soju-bière, un incontournable du répertoire coréen.
Les grandes entreprises multiplient désormais les variantes parfumées, pêche, raisin, pamplemousse, qui séduisent les jeunes urbains et renouvellent l’image d’un alcool ancré dans la tradition. Le soju s’affirme ainsi comme un repère national, un point commun entre les générations. Les rituels coréens façonnent son usage : le respect guide chaque geste, on ne se sert pas soi-même, on honore l’aîné d’abord, on marque sa discrétion face à un supérieur. Toute une société se raconte dans la façon de trinquer.
Entre animé, boisson et marque : comment démêler les influences et les mythes autour du soju tsubaki et midori ?
Soju tsubaki et midori, deux expressions qui reviennent sans cesse, souvent mêlées ou inversées. Pourtant, derrière ces noms se cachent des réalités très différentes. Le soju, cet alcool limpide venu de Corée, séduit désormais largement en France porté par l’intérêt pour la culture coréenne. À côté, on trouve le midori : une liqueur japonaise d’un vert éclatant, sucrée, intensément parfumée au melon, star des cocktails et clin d’œil à l’imaginaire du Japon contemporain.
Mais parfois un autre nom vient brouiller le jeu : shojo tsubaki. Ce film d’animation japonais, à cause de la proximité phonétique avec soju et midori, est régulièrement cité dans des discussions ou des recherches sans avoir de véritable rapport avec ces alcools. Oublier ce point, c’est risquer d’empiler des malentendus de conversation en conversation.
Pour clarifier ce trio souvent confondu, voici précisément ce qui distingue chacun de ces termes :
- Soju : alcool traditionnel coréen, incolore, au degré modéré, servi dans les moments conviviaux.
- Midori : liqueur japonaise au melon, sucrée et florale, à la couleur verte singulière.
- Shojo tsubaki : film d’animation japonais, totalement étranger à l’univers des spiritueux.
Parfois, il suffit d’un mot, d’une nuance ou d’une consonance pour glisser d’une boisson à une œuvre d’animation, d’un alcool coréen à un ingrédient de cocktail japonais. Entre amalgame marketing, échanges culturels et popularité croissante de ces noms, il vaut mieux prendre une minute pour séparer chaque univers. À chaque référence, sa place. Qu’il s’agisse de trinquer, de savourer un cocktail vert fluo, ou de visionner un animé culte, le plaisir n’en sera que plus net : chaque découverte garde ainsi toute sa saveur.


