Calories : Comment quelque chose peut-il être sans ?

La laitue, le céleri ou le concombre figurent parfois sur des listes d’aliments prétendument capables de brûler plus d’énergie qu’ils n’en apportent. Cette affirmation continue d’alimenter les discussions sur les régimes et la perte de poids, malgré l’absence de consensus scientifique solide.

Certains discours populaires entretiennent ainsi la confusion entre déficit calorique et propriétés intrinsèques des aliments. Un examen attentif des mécanismes énergétiques du corps humain permet de mieux cerner les limites et les réalités de cette idée.

Calorie négative : mythe ou réalité scientifique ?

Le terme calories négatives fait souvent lever les sourcils ou susciter des débats passionnés. Imaginer qu’un aliment puisse forcer le corps à dépenser plus d’énergie pour sa digestion qu’il n’en fournit semble séduisant. On retrouve cette idée dans des listes alléchantes d’aliments pauvres en calories, riches en fibres, et saturés d’eau : concombre, céleri, laitue. Pourtant, la réalité du fonctionnement humain ne se laisse pas enfermer dans cette caricature.

Ce que l’on appelle l’effet thermique des aliments, c’est cette part d’énergie utilisée pour digérer, assimiler et métaboliser ce que l’on mange. Le corps consomme des calories pour accomplir ce travail, mais la dépense reste modérée : de 5 à 15 % de l’apport calorique du repas. Concrètement : si vous croquez 20 kcal de céleri, la digestion n’absorbera guère plus de 3 kcal. La croyance selon laquelle un aliment comme le céleri entraînerait un déficit calorique n’a pas d’appui réel, même en épluchant la littérature scientifique.

Certes, les aliments riches en fibres et en eau ont des vertus : ils rassasient, allègent la densité énergétique du repas, favorisent un transit fluide. Mais même les produits les plus frugaux n’inversent pas la logique : rien ne fait « perdre » de l’énergie comme par magie. Le corps humain exploite chaque calorie, sans exception. Aujourd’hui, le consensus scientifique juge la notion de calories négatives infondée.

Voici ce qu’il faut retenir à ce sujet :

  • Aliments pauvres en calories : ils favorisent la satiété, mais ne créent pas un solde énergétique négatif.
  • Dépense énergétique : même avec les crudités les plus légères, elle reste inférieure à l’énergie apportée.

Le concept séduit l’imaginaire, mais le fonctionnement réel du corps s’en tient à d’autres règles. Pour mieux maîtriser l’énergie absorbée et dépensée, l’enjeu se joue sur l’ensemble du bilan calorique, sur l’activité physique et la qualité des choix alimentaires.

Comprendre le fonctionnement des calories et la notion de déficit calorique

Une calorie n’a rien d’un objet ou d’une substance : c’est une mesure, l’unité qui évalue l’énergie que le corps retire de nos aliments, puis utilise pour tout : respirer, marcher, réfléchir. Les calories proviennent des macronutriments : protéines, glucides et lipides. Chaque gramme de protéines ou de glucides offre 4 kcal, le lipide grimpe à 9 kcal par gramme.

La dépense énergétique dépend de multiples facteurs : âge, poids, taille, sexe, mais aussi activité physique et composition corporelle. À la base, le métabolisme de repos fixe la quantité d’énergie consommée sans effort, tandis que chaque mouvement ou effort s’ajoute à la note finale. Des formules comme celle de Harris-Benedict permettent d’estimer ce besoin en croisant les caractéristiques de chacun.

Pour amorcer une perte de poids, la règle de base reste : créer un déficit calorique, soit absorber moins de calories que le corps n’en brûle. Plus facile à dire qu’à faire : il faut ajuster l’apport calorique en fonction de la dépense énergétique et jongler avec les quantités, la répartition des glucides, lipides, protéines, le choix des aliments. Le métabolisme et le style de vie de chacun imposent des variations notables.

Ce qui résume cette dynamique :

  • Déficit calorique : la base pour enclencher la perte de poids
  • Apport calorique : à moduler selon l’activité et le profil individuel

Quels sont les aliments souvent qualifiés de « à calorie négative » et que se passe-t-il vraiment dans notre corps ?

L’idée de calories négatives attire l’attention. Céleri, concombre, pamplemousse, salade, pastèque : ces aliments pauvres en calories et riches en eau sont régulièrement cités comme champions de la dépense énergétique. Selon certains discours, leur digestion imposerait au corps un effort supérieur à leur apport énergétique. Mais qu’en est-il réellement ?

Exemple concret : 100 g de céleri contiennent environ 16 kcal. La digestion, du broyage à l’absorption, exige une dépense d’énergie, l’effet thermique des aliments. Les études estiment cette dépense à 5-15 % de l’apport. Pour notre céleri, le corps consomme à peine 2 kcal pour digérer une portion de 16 kcal : pas de déficit à l’horizon. Le concept de calories négatives ne résiste pas à l’analyse.

D’où vient la confusion ? Ces aliments hypocaloriques, pleins de fibres et d’eau, apportent le volume et la satiété sans alourdir la note énergétique. La liste s’étend au chou, à la courgette, à la tomate, à la fraise, à la laitue. Leur force : une faible densité énergétique, pas une capacité à « brûler » des calories supplémentaires.

À retenir sur ces aliments :

  • Aliments pauvres en calories : ils rassasient, leur apport énergétique reste bas.
  • Digestion : la dépense d’énergie existe, mais reste modérée.

Le corps conserve une efficacité redoutable pour assimiler les calories, même issues des aliments les plus légers. La digestion, certes énergivore, ne fait pas pencher la balance du côté négatif.

Jeune homme examinant une bouteille caloriefree dans un supermarche

Vers une alimentation équilibrée : pourquoi il vaut mieux privilégier la connaissance à la chasse aux calories

La qualité des calories influence davantage la santé que leur simple nombre. Se focaliser sur chaque calorie risque de faire passer à côté de l’essentiel : la composition, l’origine et le degré de transformation des aliments. Les calories vides issues de sodas, viennoiseries ou produits ultra-transformés n’offrent qu’un carburant dépourvu de micronutriments. À l’opposé, les calories pleines fournies par des produits bruts, légumineuses, poissons, céréales complètes, fruits à coque, nourrissent le métabolisme, maintiennent la masse musculaire et prolongent la satiété.

De nouveaux outils facilitent le choix : nutri-score, eco-score, étiquetages clairs, aident à repérer les produits les plus adaptés. Ces repères orientent vers une alimentation saine et équilibrée, loin des calculs obsessionnels et des restrictions abusives. Associer un apport calorique ajusté à une activité physique régulière reste la voie la plus solide vers une énergie durable.

Voici quelques leviers concrets pour améliorer son alimentation :

  • Misez sur les aliments bruts et limitez les produits transformés autant que possible.
  • Variez les sources de protéines, glucides et lipides pour répondre à tous les besoins nutritionnels.
  • Faites une place régulière aux fruits, légumes et céréales complètes à chaque repas.

Savoir ce que l’on choisit dans son assiette compte bien plus que le calcul mécanique des calories. Diversité, richesse nutritionnelle et gestion des quantités valent mieux que la course à l’étiquette allégée. Et si, finalement, la vraie maîtrise résidait dans la connaissance et le plaisir de bien manger ?

Les immanquables